Manifeste Arcanum
L'atelier Arcanum n’a pas été pensé.
Il est arrivé.
Tout a commencé par une recherche simple et déçue.
Croisée dans des circonstances fortuites, la jeune Lucia* cherchait à acquérir une baguette.
Pas un objet fantaisiste.
Une baguette juste. Et belle.
Elle n’avait rien trouvé.
Alors je me suis engagé à la réaliser pour elle, autant que possible.
Le résultat fut concluant, gratifiant, et encourageant.
Il en annonçait d’autres.
Depuis, Arcanum avance sans plan figé.
Avec, parmi d’autres, un bois réel issu d’un jeune érable-vif logeant dans mon jardin.
Un ami-arbre, qui inscrit le travail dans le temps long, celui qui ne négocie pas.
Les pierres sont choisies pour leur présence, pas pour leur éclat.
Parfois aussi pour les visions qu’elles suscitent.
La sculpture est lente, parfois exigeante.
La dorure est un moment de bascule, où tout peut se perdre.
Et puis il y a cette morsure.
Fabriquer des objets sans utilité directe, réelle.
Y consacrer du temps, de l’énergie, une part significative d’une vie.
Le savoir et continuer quand même.
Heureux de la diversité du chemin.
Ces pièces ne servent pas.
Elles refusent la servitude.
Elles existent.
Et cette existence crée un seuil.
Un point de cristallisation pour l’imaginaire de celui ou celle qui les tient.
Un espace où quelque chose peut commencer à circuler.
Les pièces ne sont pas exécutées.
Elles apparaissent.
À condition de laisser faire, tout en tenant fermement.
Arcanum n’est pas un discours.
C’est un atelier où quelque chose insiste jusqu’à exister.
* Le prénom a été changé. Si elle consulte cette page, la personne concernée se reconnaîtra.